Résumé

Portrait de Jean Jaurès Jean Jaurès Jean Jaurès et les causes de la guerre

Les Russes qui vont peut-être prendre parti pour les Serbes contre l’Autriche et qui vont dire : « Mon cœur de grand peuple slave ne supporte pas qu’on fasse violence au petit peuple slave de Serbie. » Oui, mais qui est-ce qui a frappé la Serbie au cœur ? Quand la Russie est intervenue dans les Balkans, en 1877, et quand elle a créé une Bulgarie, soi-disant indépendante, avec la pensée de mettre la main sur elle, elle a dit à l’Autriche : « Laisse-moi faire et je te confierai l’administration de la Bosnie-Herzégovine. »
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C’est que ce discours présente un intérêt capital prononcé à la veille de la guerre, au moment où la menace d’une immense tuerie plane sur l’Europe, il établit par avance les causes profondes et les responsabilités collectives de l’énorme conflagration qui menace la civilisation et le socialisme et en même temps il prévoit exactement le caractère qu’elle revêtira au cas où elle se déchaînerait. C’est de l’histoire véritable et fidèle, conforme aux grands faits de la politique européenne récente, non le misérable mélodrame, imaginé par les socialistes de Poincaré pour justifier leur reniement.
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Vous avez vu la guerre des Balkans ; une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d’hôpitaux ; une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d’hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille.
Songez à ce que serait le désastre pour l’Europe : ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de 300 000 mille hommes, mais 4, 5 et 6 armées de deux millions d’hommes.
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