Résumé

Jean Sorbon La Revue blanche/Belgique/Tome 3

La science de la nature est toute contemplative, c’est la science de l’harmonie, du divin dans le monde. — On peut rapprocher de cette conception de la science, le mot de Socrate : « Quand vous connaîtriez les causes qui produisent les vents, les pluies, etc. à quoi cela vous servirait-il ? — c’est une connaissance de peu de valeur ». De même chez Platon, qui, plus qu’Aristote peut-être, est pénétré de cette idée d’harmonie et qui dit o philosophos mousikós. Chez les Stoïciens la science sert à la construction de la morale, mais elle n’a pas de but pratique en elle-même.
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Jean Sorbon La Revue blanche/Belgique/Tome 3

Par là ces spéculations toutes pratiques sur le Souverain Bien gardent un caractère d’universalité plus nettement accusé encore chez des philosophes tels que Platon et Aristote. Chaque système est un effort pour marquer les mutuels rapports entre l’homme et la nature ; il n’y a pas simplement total de toutes les sciences, mais synthèse. On peut ainsi appliquer à la philosophie grecque dans son ensemble ce mot d’Aristote : Elle est la science des causes et des principes.
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Jean Sorbon La Revue blanche/Belgique/Tome 3

On ne s’attache pas à agrandir le domaine de chaque science, en ne voyant qu’elle seule ; toujours règnent les hautes préoccupations de la synthèse des sciences particulières. Cela est surtout vrai d’Aristote et si l’on peut citer des spécialistes parmi ses disciples — Théophraste, Eudème — il faut remarquer que chez ceux-là les préoccupations métaphysiques tiennent peu de place. — Chez les écoles qui ne tendent qu’à établir une morale, la morale ne peut se constituer seule et vivre par elle-même ; la science de l’Univers reste nécessaire aux Stoïciens comme aux Épicuriens.
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