Résumé

Portrait de Jeanne Marais Jeanne Marais L’Invitation à jeûner

Ah !... Non. Si vous voulez faire de l’ostentation, bonnes gens, commencez par m’accorder un beefsteak : ventre affamé n’a point de regard, et vos splendeurs sont peu reconstituantes !
— Es-tu rosse, Jean ! s’exclama Yvonne, qui riait malgré elle.
— Ma chère amie, la dernière fois que Mme Verdurin nous a reçus sous son toit, j’ai bu un verre de vitriol sucré, dévoré un poulet avarié, et avalé une soupe aux mouches !
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Jean, poussant Yvonne du coude, pensait : « Allez toujours, mes amis : vous êtes abominablement vexés de la leçon que nous vous infligeons à cet instant, et vous ne nous inviterez plus de si tôt ! »
Ce soir-là, les Raymond mangèrent bien, pour la première fois, chez les Verdurin. Jean passa son temps à s’imaginer le dépit secret de Mme Verdurin ; et lorsqu’il eut pris congé d’eux, il dit triomphalement à sa femme :
— Hein ! Je pense que notre vengeance fut réussie ! Ils doivent être furieux !
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Il est vrai que, par raison économique, elle ne nous offre pas précisément des festins de Lucullus, mais...
Yvonne, ta vieille amie me dégoûte. Autant je m’incline avec respect devant le brouet spartiate de l’ami pauvre, qui s’est imposé des privations afin de me posséder à sa table ; — autant l’avarice mal comprise d’une coquette ridicule me répugne. Comment : madame Verdurin met des bagues à tous les doigts, des colliers de diamants sur sa vilaine poitrine, exhibe ses plus belles toilettes pour nous accueillir, nous éblouir ; — et son repas n’est pas mangeable
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