Stéphane André, Conte (1897)
“ Ghisèle, laissez-moi mourir seul; arrivé le premier, je vous attendrai là où toute volonté est libre, où tout amour est respecté, où les baisers durent l'éternité. Du jour où je vous ai vu, Xavier, nous n'avons plus formé qu'un corps et qu'une âme. Que m'importe la splendeur du rang que j'abandonne, que m'importe l'égoïste affection de mes parents, que m'importe le monde tout entier ? Voyez, mon bonheur est immense, et la mort ne saurait plus me faire reculer. Là où vous irez, j'irai également, car la vie sans vous me semble plus odieuse et plus sombre que la tombe. ”
