Stéphane André

Conte (1897)

Résumé

Stéphane André,  Conte (1897)

“ Ghisèle, laissez-moi mourir seul; arrivé le premier, je vous attendrai là où toute volonté est libre, où tout amour est respecté, où les baisers durent l'éternité.
Du jour où je vous ai vu, Xavier, nous n'avons plus formé qu'un corps et qu'une âme. Que m'importe la splendeur du rang que j'abandonne, que m'importe l'égoïste affection de mes parents, que m'importe le monde tout entier ? Voyez, mon bonheur est immense, et la mort ne saurait plus me faire reculer. Là où vous irez, j'irai également, car la vie sans vous me semble plus odieuse et plus sombre que la tombe.
”
Source : Gallica

Stéphane André,  Conte (1897)

“ Qu'il serait doux de panser les blessures faites par d'autres, de soigner cette pauvre endolorie et de révéler la joie à celle que berça le malheur. Laisse-moi mourir seul ; femme! ton nom est compassion, je te lègue donc l'enfant misérable; qu'auprès de toi elle apprenne à aimer ; et la lourde tâche achevée, tous trois nous nous retrouverons au pays des éternelles béatitudes.
La mort seule peut nous unir, répliqua Ghisèle, donc, nous mourrons ensemble. Les prêtres menacent de damnation ceux qui, trop las, abrègent leurs jours; je préfère la gehenne avec toi au ciel que tu n'habiterais pas.
”
Source : Gallica

Stéphane André,  Conte (1897)

“ « Mais nous ne t'abandonnons pas, dit Ghisèle. Nous te mettons au contraire à l'abri du malheur, en te laissant à la vieille nourrice. »
« Vous ne me comprenez pas, s'écria l'enfant secouant la tête avec impatience. Ce n'est pas la vie que je réclame, mais la mort puisque vous mourez.
Ah ! exaucez ma prière, et ne me condamnez plus à vivre solitaire après
m'avoir entr'ouvert le ciel. J'ignorais le baiser, j'ignorais l'amour, vous m'avez appris à les connaître ; prenez-moi par la main et enmenez-moi là où vous allez. »
”
Source : Gallica

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