Valentin Gallet

Résumé

Valentin Gallet La statue du dieu Voltaire (1867)

Quel homme prodigieux que ce Monsieur Havin ! Depuis trente ans son journal trompe, fascine le peuple et en fait l'éducation. Ce bon peuple qui ne voit, qui n'entend, qui ne lit que le Siècle, et qui ne jure que par le Siècle, peut s'affranchir des entraves du passé, se moquer du Dieu qui lui donna la vie, le mouvement et l'être, et surtout une âme immortelle ; il peut laisser à d'autres ce Dieu des vieux âges et
marcher sous la bannière de celui qu'on voudra bien lui donner!
Source : Gallica

Valentin Gallet La statue du dieu Voltaire (1867)

Est-ce ainsi qu'on prétend former le peuple, est-ce ainsi qu'on veut le moraliser ?
II
Voltaire fut sans doute un homme supérieur, un écrivain
hors ligne, plein de talent et de génie. Il sut, par son prestige, éblouir et dominer une époque de décadence, être le roi de la littérature, faire adopter ses opinions, imposer ses erreurs. Cette espèce de suprématie intellectuelle qu'il s'était créée, l'a fait grand et admirable aux yeux de ceux qui ne tiennent compte que du succès ; ce même ascendant l'a rendu ; devant les hommes sérieux, coupable d'un crime irrémissible.
Source : Gallica

Valentin Gallet La statue du dieu Voltaire (1867)

Ainsi la religion, la pudeur, l'humanité, le respect de notre dignité d'hommes et notre fierté nationale, se trouvent également offensés et indignés par le projet d'élever une statue au patriarche de Ferney. L'esprit de parti seul a pu inspirer cette idée et si le peuple apporte son obole pour ériger ce dieu nouveau, c'est que son opinion est faussée chaque matin par la lecture d'un journal qui lui donne sur les hommes et sur les choses, les appréciations les plus erronées.
Source : Gallica

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