Édouard Cadol

Édouard Cadol

Résumé

Portrait de Édouard Cadol Édouard Cadol Monsieur « Ugène »

Défiez-vous, mon cher Eugène, dit le médecin du théâtre. Il faudrait la campagne à cette enfant ; sinon...
Pas commode, avec les nécessités de la profession. Et puis quels frais nouveaux ! L’artiste, soucieux, hésitait.
Ah ! mon Dieu ! voilà qu’elle tousse, elle a la fièvre, elle ne mange plus ; ses jambes fléchissent et son petit corps fluet s’incline amolli, comme une fleur qui manque d’air, de lumière et d’eau.
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Portrait de Édouard Cadol Édouard Cadol Monsieur « Ugène »

Allez ! allez ! faites vos affaires, monsieur Eugène, on ne la quitte pas de l’œil ; on la soigne, on la fait jouer. Elle est si gentille, ce mignon !
Tout le temps à l’air, et surveillée l’enfant. Jamais dans la boutique ; mais au jardin, au poulailler, avec les canards, la chèvre, le chat qui se laissait tirer les poils, le chien qui, en passant, la débarbouillait d’un coup de langue copieux, et, les pattes de devant aplaties à terre, aboyait en face d’elle en se démanchant la queue de plaisir.
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Portrait de Édouard Cadol Édouard Cadol Monsieur « Ugène »

Mais la vie est si difficile, le travail si précaire et la misère revient si souvent !
Eugène sentait ça ; lui-même avait tant de peine à « mettre les deux bouts ! » qu’il était pris de timidité.
— Ah bien ! tant pis ! s’écria-t-il dans un sanglot, je ne veux pas qu’on la mette au dépôt. Je m’en charge, M. le commissaire, et, vous pouvez être tranquille, j’en ferai une honnête fille !
C’était tout de même une chose cocasse de voir cet acteur se transformer en « nounou », au profit de l’orpheline. Mieux qu’une nounou, une mère, à cela près, qu’au début, il n’osait pas y toucher.
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