Émile Deschamps

Émile Deschamps

Résumé

Portrait de Émile Deschamps Émile Deschamps Jubilé de Shakespeare

Qui rêve d’ennemis qu’il pourfend, de cruzades,
De coutelas d’Espagne et de larges rasades ;
Le tambour retentit, il s’éveille, et d’abord
Jure, et prie en jurant toujours, puis se rendort.
C’est Elle, c’est aussi la fée aventurière,
Qui des chevaux, dans l’ombre, émiette la litière,
Et dont elle aplatit et tresse avec douleur
Les crins ensorcelés, présage de malheur !
C’est Elle enfin, dit-on, qui, dans un songe habille,
Coiffe de fleurs, ramène au bal la jeune fille,
Et lui fait entrevoir des mystères, qu’un jour,
À son cœur ignorant dévoilera l’amour...
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Portrait de Émile Deschamps Émile Deschamps Jubilé de Shakespeare

Dessine, en se jouant, la fuite d’un éclair. —
Durant les nuits, la fée, en ce grêle équipage,
Galope follement dans le cerveau d’un page,
Qui rêve espiègles tours et propos amusants ;
De là, sur les genoux des hautains courtisans,
Elle marche, aussitôt ils font des révérences ;
Sur le front d’un vieux juge, il rêve remontrances,
Épices et gibets ; parmi les longs cheveux
D’une dame romaine, elle entend des aveux,
Des sonnets caressants, de molles sérénades.
La fée, en mille endroits, poursuit ses promenades
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Portrait de Émile Deschamps Émile Deschamps Jubilé de Shakespeare

Des lèvres de Tartare, un nez de Turc, un foie
De Juif blasphêmateur ; le doigt, tout noir de sang,
D’un enfant de fille de joie,
Sur la borne écrasé par sa mère, en naissant.
Étendons par-dessus la peau d’une lamproie
Et les boyaux d’un tigre encor plein de sa proie,
Pour rendre le mélange et solide et puissant.
toutes trois.
Redoublons de travail, que le feu tourbillonne,
Soufflons, et qu’à grand bruit la chaudière bouillonne.
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