Hubert Krains

Hubert Krains

Résumé

Portrait de Hubert Krains Hubert Krains La Société nouvelle

Un homme, d’un coup de canne, avait fendu la tête au griffon. Alors ils se jetèrent sur lui, et le frappant, le bousculant, l’obligèrent à fuir. Il courut au hasard, les bras étendus, les mains tâtonnantes, entraînant, au bout de la corde, son chien qui agonisait et dont les petites pattes embouées griffaient désespérément le vide. Il se heurta contre un mur et s’érafla la joue ; il brisa son accordéon contre le poteau d’un réverbère ; et, à tout moment, accrochait le bord du trottoir dont les arêtes lui sciaient les tibias.
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Portrait de Hubert Krains Hubert Krains La Société nouvelle

Un bâton coupé à même quelque chêne, pendait à son bras par une lanière de cuir, et il s’était attaché en sautoir la laisse de son chien — un griffon famélique dont les poils agglutinés formaient des stalactites crasseuses qui s’entrechoquaient à chacun de ses mouvements.
Dans le claquement précipité des pas, dans la rumeur houleuse de la foule, l’aveugle prévit une hostilité, et, avec l’épouvante d’un enfant qui a commis un méfait dont il ne peut se rendre compte, il supplia : « Ô mes bons messieurs !... »
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Le reflet d’une grande joie intérieure les illuminait, et leurs yeux, perdus dans le vide, semblaient caresser des choses qu’eux seuls voyaient et qui les fascinaient. Et une chanson étrangement naïve montait de leurs lèvres, une chanson faite de mots accolés au hasard, d’onomatopées fantasques, auxquels s’entremêlaient des lambeaux de cette romance que fredonnait l’aveugle, quelques minutes avant, dans le silence de la rue.
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