Constantin Photiadès

Résumé

Constantin Photiadès La Revue de Paris

« On ne peut contrefaire le génie. »
À la vérité, la grandeur de Bruckner est d’un autre ordre. L’essentiel se trouve ailleurs. L’écrirons-nous, au risque d’effaroucher ceux qui n’envisagent dans l’art des sons que le phénomène auditif à l’état brut, indépendamment de ses résonances intellectuelles ou affectives, comme si la musique n’était pas avant tout un langage ? Oui, certes, osons le dire : l’excellence d’Anton Bruckner n’a point tenu à sa maîtrise de la forme ou de la couleur ; elle tient à des éléments moraux et spirituels.
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Constantin Photiadès La Revue de Paris

Septième symphonie d’Anton Bruckner. — Introuvables en France, rares même chez les peuples de race germanique, les amis d’Anton Bruckner constituent, à travers le monde, une secte assez restreinte, forte néanmoins par sa constance et sa vitalité sereine. Les adeptes, loin de gémir sur leur petit nombre, s’en feraient gloire plutôt. Comme tant de cénacles, ils se comptent pour une élite, et cette agréable conviction satisfait leur amour-propre.
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Constantin Photiadès La Revue de Paris

Le malade, trop faible pour les rudes hivers de Bayreuth, cherchait désormais un refuge en Italie. Pour vaincre un héros il suffit de soixante-dix ans, et Wagner arrivait précisément à cet âge. Ses fidèles vivaient dans l’inquiétude, quand soudain, le 13 février 1883, un télégramme de Venise annonça la catastrophe. Bruckner éclata en sanglots. « J’ai pleuré, ce jour-là, disait-il plus tard, mon Dieu que j’ai pleuré !... » Et voilà comment l’adagio, tout d’abord pressentiment vague, s’est achevé bientôt sur une lamentation déchirante.
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