Résumé

Collectif Le Guide musical

« Il m’émeut toujours quand je le joue », disait-il. Le maître eut, paraît-il, l’intention de prolonger cette musique d’au-delà, annoncée dans son adagio, par des hymnes confiées à la voix humaine, terminant sa neuvième comme Beethoven, sans songer à l’imiter, par une apothéose où chœur et orchestre auraient uni leurs moyens expressifs. Les esquisses retrouvées, avec leur thème choral, permettent en tous cas la supposition. Toujours est-il que Bruckner, ne pouvant achever sa symphonie, lui destina enfin, en manière de conclusion, son Te Deum de 1884.
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Précisément, cette œuvre monumentale, bien qu’inachevée, nous révélera son auteur dans ce qu’il eut de plus grand et de plus parfait, dans le testament artistique de Bruckner. Elle constitue le legs où il rassembla les plus purs trésors de son art pour les offrir à « Dieu », dans un élan de foi naïve et sincère ! C’est pourquoi, en exécutant ou en écoutant cette IXe symphonie, il ne faut pas oublier qu’on se trouve en présence d’une chose vraiment sacrée, d’une « offrande » d’un artiste au Créateur, à la veille d’être rappelé à lui.
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Toutes, elles n’offrent qu’une pure et noble musique qui, chose rare et marque du génie, émeut l’âme au lieu de secouer nos nerfs ou de flatter simplement les sens. Comme les immortelles symphonies de Beethoven, elles ont jailli d’un cœur inspiré et sincère qui n’eut pas honte de ses sentiments ni de ses idées.
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