J. Saint-Jean

Résumé

J. Saint-Jean La Nouvelle Revue

Dans quelques années, il sera persuadé l’avoir découvert et l’avoir soutenu toute sa vie. C’est toujours amusant.
Quoiqu’il en soit, Brückner mort conquiert aujourd’hui l’Allemagne, et par un juste retour des choses d’ici bas, prend la place de Brahms dans la fameuse trinité des B. Et mieux on le connaît, plus on voit clairement qu’il était inutile de recourir à des griefs politiques ou religieux pour l’opposer au musicien de Hambourg. Brahms, classique de seconde main, a continué Beethoven, comme une photographie sèche et précise continue un paysage plein de vie.
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Le premier mouvement de la 5e, suivant un exemple donné par Beethoven dans un de ses derniers quatuors, est formé par un adagio alternant avec un allegro. C’est la seule exception ; toutes les autres symphonies suivent à peu de chose près la division ordinaire. En revanche le développement brise à chaque instant les étroites règles classiques ; les idées de Brückner sont trop frémissantes de vie : elles échappent sans cesse au frein de la tonalité, et le musicien n’a plus l’air de suivre que sa fantaisie ; sa richesse d’invention est extraordinaire, et souvent il ne sait pas la modérer
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J. Saint-Jean La Nouvelle Revue

L’art, qui n’a pas de patrie, devrait encore moins avoir de parti ; en France, les antipathies musicales sont — ou ont été — quelquefois aussi, dictées par des motifs tout à fait étrangers à l’art, cela est très regrettable ; mais chez nous, au moins, ces antipathies n’ont jamais dégénéré en lutte, encore moins en persécution, marquée surtout de ce cachet de férocité et de haine qui a caractérisé la cabale menée contre Brückner. Ce fut Hanslick, haineux porte-parole de Brahms et de son clan judéo-allemand qui mena la chasse
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