William Ritter

Résumé

William Ritter Le Mercure musical

Combien y a-t-il de chefs d’orchestre qui se doutent que toute symphonie a un point culminant et que tout doit être préparatoire et subordonné à cette minute d’apothéose... Dans toutes ordinairement il y a beaucoup de minutes palpitantes ; il n’y a qu’un paroxysme, et c’est leur manière d’unité. Mais d’unité poussée jusqu’à cette sublimité je n’en connais pas d’autre exemple vraiment : le scherzo y est encastré comme une horloge astronomique dans un beffroi.
Et voici qu’enfin on commence à apercevoir la vraie forme de l’œuvre de Bruckner.
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William Ritter Le Mercure musical

Tout est tenu dans une perpétuelle fluctuation des pianissimo les plus moites, les plus subtilement estompés, à un forte chaleureux, ample et sourd, très ménagé, de façon à aboutir par des gradations d’une délicatesse qui les rend à peine sensibles, des gradations qui évoluent dans l’amplitude la plus magnanime, à l’excessif du finale où l’on atteint à une intensité de fournaise et d’éblouissement, à la plénitude d’exaltation enfin, comme sans s’en douter, porté par une marée immense qui a duré tout le laps de la symphonie.
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William Ritter Le Mercure musical

De même le trio du Scherzo a été en quelque sorte isolé par une longue attente comme certains campaniles le sont par un grand espace de leur église.
Autre vrai danger par les directions ordinaires. Elles semblent alors, ces symphonies, tumultueuses, désordonnées et pleines de recommencements. Autre défaut d’intelligence ! C’est que le chef d’orchestre de chaque jour les scande exagérément, en met les saillies dans une évidence photographique et y projette la crue lumière d’une absolue incompréhension de leurs dessous mystiques. Or, à en faire des œuvres profanes, on les sort de leur ambiance.
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