William Ritter

Élements biographiques

William Ritter Le Mercure musical

Combien y a-t-il de chefs d’orchestre qui se doutent que toute symphonie a un point culminant et que tout doit être préparatoire et subordonné à cette minute d’apothéose... Dans toutes ordinairement il y a beaucoup de minutes palpitantes ; il n’y a qu’un paroxysme, et c’est leur manière d’unité. Mais d’unité poussée jusqu’à cette sublimité je n’en connais pas d’autre exemple vraiment : le scherzo y est encastré comme une horloge astronomique dans un beffroi.
Et voici qu’enfin on commence à apercevoir la vraie forme de l’œuvre de Bruckner.
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William Ritter La Plume

Brûckner fut ni plus ni moins le plus grand symphoniste qui ait existé avec Beethoven. À force de génie sa science il la poussa jusqu’à l’anarchie ! Quand l’Esprit souffle il n’y a plus d’entraves ; Brûckner avait en son art une foy à soulever les montagnes et chacune de ses dernières symphonies donne bien cette prométhéenne impression d’un Atlas portant un ciel. Il est pour les temps nouveaux dont l’aurore point, ce que fut pour le nôtre le Beethoven de la Neuvième symphonie, de la Messe en ré, des dernières sonates et des derniers quatuors... On parle tant de Brahms
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William Ritter Le Mercure musical

Tout est tenu dans une perpétuelle fluctuation des pianissimo les plus moites, les plus subtilement estompés, à un forte chaleureux, ample et sourd, très ménagé, de façon à aboutir par des gradations d’une délicatesse qui les rend à peine sensibles, des gradations qui évoluent dans l’amplitude la plus magnanime, à l’excessif du finale où l’on atteint à une intensité de fournaise et d’éblouissement, à la plénitude d’exaltation enfin, comme sans s’en douter, porté par une marée immense qui a duré tout le laps de la symphonie.
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