Résumé

Édouard Millioz Revue Musicale de Lyon 1903-10-27…

Et encore, chez M. Witkowski, la mélancolie ne parle-t-elle pas seule : elle s’avive de lyrisme ; elle n’est pas morne et vague ; elle ne tient pas l’âme captive dans ces « serres d’ennui » qu’a chantées Maeterlinck, jardins de délicieux poisons. Non : c’est une sorte de tristesse mâle qui aspire à la vie ; et, parallèlement avec le travail technique parfait, cette chaleur concentrée, cette sensibilité vraie, font l’œuvre plus qu’intéressante, attachante et communicative.
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Voilà, penserait-on, une œuvre un peu bien austère, un travail qui force l’estime, intéresse l’homme de l’art, et auquel l’âme n’a point de part. Point du tout ; et ce fut là la bienfaisante surprise. Sans doute, la Symphonie de M. Witkowski, avec les fortes et graves qualités, n’a pas l’effusion, le rayonnement ; ses deux premières parties surtout sont d’un coloris que la tonalité et l’orchestre maintiennent en grisaille
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M. Chevillard a fait à M. Witkowski le grand honneur, non pas de jouer sa symphonie, ceci n’était que justice, mais de la jouer concurremment avec un acte entier d’un drame de Wagner. Aussi est-ce devant une salle comble qu’a été exécutée l’œuvre de votre sympathique compatriote. La victoire, en face de masses aussi imposantes n’en a été que plus décisive et plus éclatante.
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