Résumé

H. Moranvillé Le siège de Reims, 1359-1360

Le 30 décembre, au matin, la garnison de Cernay aperçut les Anglais à une lieue environ de la place. Rien, en effet, dans les monotones plaines ondulées de la Champagne, n’arrête la vue : pas un buisson, pas un arbre. Les Anglais avancèrent aussi près qu’ils purent de Cernay ; leur chef, le duc de Lancaster, mit pied à terre afin d’examiner la profondeur des fossés. Quand sa troupe le vit à pied, elle fit comme lui, puis se jeta à l’assaut, paraît-il, sans attendre ses ordres.
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H. Moranvillé Le siège de Reims, 1359-1360

Tout ceci explique que les habitants de Reims, très attachés à leur roi et au régent son fils, aient épié d’un œil inquiet l’attitude de l’archevêque. Peu après la défaite de Poitiers, effrayés de ses conséquences, ils avaient cédé à un moment d’affolement et, le 29 septembre 1358, réunis à Saint-Denis, ils s’étaient enhardis jusqu’à exiger que l’archevêque sortît du château [3] qui englobait dans ses remparts une ruine romaine célèbre, la porte de Mars ; ils voulaient qu’il vînt habiter le palais qui était attenant à la cathédrale.
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H. Moranvillé Le siège de Reims, 1359-1360

Ce bourg, ajoute-t-il, était bien fortifié et plus fort que Cernay. Malgré ces conditions favorables à une résistance, les habitants, à la nouvelle de l’approche des ennemis, s’enfuirent et se cachèrent dans les forêts épaisses qui couronnent les collines bordant la vallée de l’Aisne, de sorte que les Anglais ne rencontrèrent aucun obstacle. Sans doute ils pillèrent autant qu’ils purent ; mais il ne semble pas qu’ils aient incendié Autry. Les habitants n’y gagnèrent rien : Eustache d’Auberchicourt prit possession d’une place aussi peu défendue.
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