Résumé

Portrait de Léon Séché Léon Séché Hortense Allart de Méritens

Tout petits, on nous berce avec des chansons dont l’amour est le thème unique ; c’est sur les bancs du catéchisme que s’ébauchent les premières idylles, et, la mer et le ciel aidant, — la mer grise sous le ciel brumeux, — vers la seizième année les passions naissantes nous plongent dans des rêveries sans fin. De là notre fonds de mélancolie naturelle, car il n’y a pas d’amour sans trouble et sans chagrin. Et voilà pourquoi aussi, dans l’espèce de prison où son père l’avait pour ainsi dire emmuré à Combourg, Chateaubriand s’éprit d’abord de sa sœur Lucile.
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Mais l’amour n’a pas besoin de quartiers de noblesse ; de beaux yeux valent bien un blason, surtout si l’esprit les anime, comme c’était le cas de ceux d’Hortense. Et quant à l’âge avancé de Chateaubriand, je ne vois pas pourquoi on le lui imputerait à crime. J’aurais plutôt envie de lui reprocher, comme Sainte-Beuve, d’avoir rougi de cet amour d’automne, en le passant sous silence dans ses Mémoires d’Outre-tombe.
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Il n’est pas le seul, du reste, à qui l’amour ait souri jusqu’au sein de la vieillesse. Gœthe et Bernardin de Saint-Pierre inspirèrent des passions semblables, quand ils avaient des cheveux blancs. Qu’en conclure ? qu’il y a des grâces d’état pour certains hommes et que l’amour, quoiqu’on en dise, ne dédaigne pas tout à fait la gloire.
Voilà ce que ne comprirent ni Armand de Pontmartin ni Barbey d’Aurevilly. Vous connaissez les articles qu’ils firent sur Chateaubriand à l’apparition des Enchantements de Prudence.
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