Résumé

Marcel Remy Les ceux de chez nous/Mal de dents

À force que je la fais enrager avec mon doigt, il y a le rèchon qui m’coule hors de la bouche par longs filets, la pointe de mon doigt est devenue toute molle et blanc-moètte comme les mains de Trinette quand elle les laisse longtemps dans la samneure.
Djoug ! djoug ! c’est mon dent qui dogue, je ne lui ai rien fait pourtant et il attaque tout seul. C’est comme si on me donnait tout le temps des petites bouffes al g..., des coups de poing dans ma joue et que je ne pourrais pas me revenger. J’ai si mal et je suis si fâché sur tout le monde que je choule tant que je peux.
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Marcel Remy Les ceux de chez nous/Mal de dents

Et quand nous avons enfin arrivé à Liége, il a encore été pour boire des gouttes près de St-Phoyin, dans un petit câbaret où qu’on jouait l’harmonica, mais la procession était déjà finie depuis longtemps, longtemps parce que nous avions venu trop lentement à cause du houlé Lovinfosse, et on ne voyait plus rien que quelques petites filles en pâquettes avec une verte écharpe, qui couraient en se troussant pour les broûlis, et que leur maman barbotait parce qu’elles avaient déjà voulu aller sur le carrousel avant de dîner.
Chez l’homme aux dents, ça sentait mauvais.
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Marcel Remy Les ceux de chez nous/Mal de dents

Ça fait si mal, da, comme si on stroukait dans ma viande de mon menton avec un clou. Quand c’est que je tire du vent dans ma bouche en ne faisant qu’une petite crevure sur le côté, alors mon dent me fait mal comme si on frottait dessus avec une lime. Et quand je fais aller sans le faire exprès du café tout bollant de ce côté-là, waye donc ! il me semble que le trou de mon dent est agrandi avec un windai. Et quand, par hasard, je hagne un gros coup sur une coyenne de lard ou un bordon de récoulisse, waye à waye, c’est comme si on me donnerait une calotte avec un marteau.
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