Mathurin Régnier

Mathurin Régnier

Résumé

Portrait de Mathurin Régnier Mathurin Régnier,  Œuvres de Régnier

“ Qui rudes n’aymeront la lyre de la muse,
Non plus qu’une viéle, ou qu’une cornemuse.
Laisse donc ce mestier, et sage prens le soin
De t’acquerir un art qui te serve au besoin.
Je ne sçay, mon amy, par quelle prescience,
Il eut de nos destins si claire connoissance
Mais, pour moy, je sçay bien que, sans en faire cas,
Je mesprisois son dire, et ne le croyois pas ;
Bien que mon bon démon souvent me dist le mesme.
Mais quand la passion, en nous est si extresme,
Les advertissemens n’ont ny force ny lieu ;
Et l’homme croit à peine aux parolles d’un Dieu.
”
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Portrait de Mathurin Régnier Mathurin Régnier,  Œuvres de Régnier

“ Encor’ seroit-ce peu, si, sans estre avancé,
L’on avoit en cet art son âge despensé,
Après un vain honneur que le temps nous refuse ;
Si moins qu’une putain l’on estimoit la muse.
Eusses-tu plus de feu, plus de soin, et plus d’art,
Que Jodelle n’eu oncq’, des-Portes, ny Ronsard,
L’on te fera la mouë, et pour fruict de ta peine,
Ce n’est, ce dira-t’on, qu’un poëte à la douzaine.
Car on n’a plus le goust comme on l’eut autrefois.
Apollon est gesné par de sauvages loix
Qui retiennent souz l’art sa nature offusquée,
Et de mainte figure est sa beauté masquée.
”
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Portrait de Mathurin Régnier Mathurin Régnier,  Œuvres de Régnier

“ De tout, peut estre en fin aurons nous quelque chose
Qui pourra destourner l’ingratte adversité,
Par un bien incertain à tastons débité,
Comme ces courtisans qui s’en faisant accroire
N’ont point d’autre vert sinon de dire, voire.
Or laissons doncq’la muse, Apollon et ses vers,
Laissons le luth, la lyre et ces outils divers,
Dont Apollon nous flatte : ingratte frénésie !
Puis que pauvre et quaymande on voit la poésie,
Où j’ai par tant de nuicts mon travail occupé.
”
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