Résumé

Portrait de François Coppée François Coppée Discours : prononcés à l'inauguration de la statue d'Alfred de Musset à Paris le 23 février 1906 (1906)

Il se révolte,il se lamente, il lance des malédictions. Mais la haine ne peut durer dans le cœur généreux du poète.
Bientôt il accepte la leçon de la douleur qui a grandi et purifié sa pensée. Il se calme sous le baiser consolant de la Muse. Il se réfugie dans la nature et se baigne dans son immortelle fraîcheur. Enfin apaisé, il condamne son désespoir égoïste, il regarde autour de lui, il trouve des larmes pour les souffrances des autres. Il pleure sur la Malibran, brûlée par le feu intérieur de son âme d'artiste, et il venge, en quelques couplets enflammés, une insulte jetée à sa patrie.
Source : Gallica

Portrait de François Coppée François Coppée Discours : prononcés à l'inauguration de la statue d'Alfred de Musset à Paris le 23 février 1906 (1906)

Vous allez la voir, cette statue, qui fait honneur au grand artiste, gloire de l'art français, qui l'a signée.
M. Antonin Mercié a véritablement évoqué Musset, le Musset jeune, ardent, douloureux des immortelles Nuits.
Assis sur le banc de pierre, il songe aux amers souvenirs, aux douloureuses épreuves, aux passagères amours. Et la Muse, la blonde rêveuse, la jeune immortelle, lui répète
les mots sublimes où le poète lui-même explique le charme cruel et la nécessité de la douleur : Les moissons pour mûrir ont besoin de rosée; Pour vivre et pour sentir, l'homme a besoin des pleurs
Source : Gallica

Portrait de François Coppée François Coppée Discours : prononcés à l'inauguration de la statue d'Alfred de Musset à Paris le 23 février 1906 (1906)

C'est que Musset, ce Parisien, ce Français de France, est essentiellement humain, et que, même parmi les décors et les prestiges de la scène, l'auteur de Rolla reste un homme. Et par cela même, il demeure le poète de la passion, le dramaturge de l'amour. Il y avait du sang dans son encre. Et toute sa théorie artistique et dramatique se résume en ce vers jeté aux « humains qui chevillent » et « faussent jusqu'aux pleurs qu'ils ont dans les yeux » : Grands hommes, si l'on veut, mais poètes, non pas!
Source : Gallica

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