Pierre-Jean David d'Angers

Résumé

Pierre-Jean David d'Angers Lettre sur Thorwaldsen (1856)

J'ai vu Thorwaldsen à Rome; sa tête scandinave paraissait plus singulière encore au milieu de tous ces visages italiens : il avait le masque large, osseux, les pommettes saillantes, les yeux petits et d'un bleu dur; de longs cheveux blancs accompagnaient cette physionomie massive, ou la puissance remplaçait la délicatesse, et dont le sourire honnête annonçait un homme bon et ferme. Canova, au contraire, était une nature sensible et fine, dont tous les pores étaient ouverts à l'impression ; sa sculpture est plus coquette, sans doute, mais elle est aussi plus séduisante, plus finie, plus suave.
Source : Gallica

Pierre-Jean David d'Angers Lettre sur Thorwaldsen (1856)

Une belle et noble draperie jetée sur les épaules d'un grand homme plaira dans tous les siècles, tandis que les gestes de convention sociale et les vêtements d'actualité ne pourront plaire qu'aux esprits étroits. L'histoire des modes peut être bonne à conserver, mais ce n'est vraiment pas la peine de l'écrire en marbre ou de la couler en bronze, surtout quand le personnage peut être dégagé de son costume par une fiction sublime.
En ce sens, et pour ce qui est des hommes de génie, Thorwaldsen avait parfaitement raison de repousser le costume moderne
Source : Gallica

Pierre-Jean David d'Angers Lettre sur Thorwaldsen (1856)

Il est inutile de vous dire que la question du costume n'a guère occupé Thorwaldsen.
Il pensait que L'artiste, doit s'emparer de l'homme, qui est l'œuvre de la nature, et négliger le costume, qui est l'œuvre d'une civilisation imparfaite, changeante et souvent ridicule. C'est ainsi que, sur le Tombeau du Prince Eugène, il a représenté son héros nu, tenant son épée sur son cœur. Il est entouré de trophées et de figures allégoriques, parmi lesquelles on distingue la Mort éteignant un flambeau, et, en regard, l'Immortalité montrant une couronne.
Source : Gallica

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