Théodore Duret

Théodore Duret

Résumé

Portrait de Théodore Duret Théodore Duret La Revue blanche

Miss Austen n’introduit point d’élément romanesque dans ses romans. Elle ne connaît pas les traits extraordinaires. Elle ne cherche pas les cas d’exception. Elle n’a nullement besoin de l’épisode rare, de l’aventure étrange. Elle n’a vu la vie que sous l’aspect réel où elle se présentait autour d’elle. Elle l’a prise pour la peindre dans l’exacte proportion de son développement de tous les instants. Ses personnages ont été de cet ordre qui embrassait sa famille, son entourage, le milieu où elle vivait.
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On pourrait croire que ce procédé d’observation si minutieux donnera la peinture d’un monde représenté par ses moindres côtés et dépourvu de caractère. Mais l’observation du fait vivant, tel qu’il se produit dans ses multiples manifestations, est si subtile, si complète, si pénétrante qu’inconsciemment la trame de l’œuvre dégage une vie supérieure, qui laisse voir, en plein épanouissement, le peuple et le pays dans leur ensemble.
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Miss Austen s’est développée spontanément, sur elle-même. Elle est devenue auteur d’une façon d’abord inconsciente, pour obéir à l’appel de facultés natives. Elle a écrit pour se satisfaire, sans préoccupation première de gloire, de fascination à exercer sur le public, sans s’inquiéter des jugements qui seraient portés sur son œuvre, par des critiques, des confrères ou la multitude.
Il n’est pas d’écrivain et d’artiste de race qui ne se comporte plus ou moins de la sorte et qui n’obéisse à la force cachée en lui.
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