Résumé

Collectif Revue Musicale de Lyon

Rien n’est assez beau pour le culte musical de Bruckner : il y veut toute sa science autant que toute son inspiration. Et il voit dans les accords ce que nous n’y savons plus voir. Ajoutez qu’en tout autre domaine il demeure un rustre ; il a de la culture, mais une culture de maître d’école de village ; il n’a point de manières, aucune éducation. Il a la notion de la belle musique, de la belle nature, de la belle prière ; il n’a peut-être pas la notion d’une œuvre d’art.
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En Autriche, le plus grand de tous les maîtres modernes, avec Wagner, Anton Bruckner est lui aussi un saint. Un saint et un génie d’un tout autre caractère que Franck, et dont l’œuvre beaucoup plus vaste, plus abondante, plus catholique, au sens non confessionnellement restreint mais universel, contient les germes d’un nouveau monde musical au milieu d’une sorte de synthèse fracturée, cahoteuse, souvent maladroite, mais grandiose toujours et synthèse tout de même, de tous les efforts tentés avant lui.
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J’ai déjà insisté ailleurs sur l’influence des grandes églises autrichiennes, claires et baroques, et pieuses dans la pompe, notamment celle du couvent de Saint-Florian, où Bruckner fut élevé et fut ensuite organiste, subie jusqu’au plus profond de son âme et de son génie par ce maître magnifique et surabondant. Mais il l’avait trop franciscaine cette âme, pour s’en tenir là et les grandioses paysages d’Autriche, Alpes et Danube, lui furent une église agrandie. Rien n’empêcha son rêve de monter jusqu’au paradis.
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