Résumé

Portrait de Émile Senart Émile Senart Prâcrits et sanscrit buddhique

Loin d’attribuer les prâcritismes à l’ignorance des graveurs, c’est à leurs connaissances étymologiques, à leurs notions de la langue savante, à leur désir de s’en rapprocher, qu’il faut faire honneur des orthographes sanscrites qu’ils ont plus ou moins prodiguées. Nous avons dans ces monuments une preuve nouvelle de l’emploi étendu d’une orthographe non pas représentative, mais historique, moins accommodée à la prononciation réelle que calquée sur les habitudes et les traditions de l’idiome classique.
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Portrait de Émile Senart Émile Senart Prâcrits et sanscrit buddhique

D’abord un niveau uniforme ne s’y est point appliqué à la langue entière et à tous ses phénomènes. En d’autres termes, il n’a point passé par une élaboration grammaticale et savante ; ce qui explique les incohérences constantes qui caractérisent à la fois son orthographe et ses formes. En second lieu, dans cette indécision à laquelle il se trouve ainsi livré, l’instinct dominant le ramène non vers les habitudes orthographiques du prâcrit, mais vers les règles, les procédés et les analogies de la langue classique ; c’est toujours du type sanscrit qu’il tend à se rapprocher.
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Portrait de Émile Senart Émile Senart Prâcrits et sanscrit buddhique

Pour me circonscrire dans les faits signalés, la langue des inscriptions de Kanishka n’est pas simplement une orthographe monumentale sporadique. Elle a son expression dans les livres : le sanscrit buddhique ou ce que l’on appelle plus ordinairement le dialecte des gâthâs n’est rien autre qu’une pareille orthographe immobilisée et consacrée dans le rôle d’une langue littéraire.
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