Résumé

Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 22…

Prévoir et calculer, c’est artifice ; se laisser faire, c’est suivre le Principe. C’est en laissant faire que les empereurs et les rois de la haute antiquité se sont élevés et rendus célèbres. — Le passage de l’homme, entre le ciel et la terre, de la vie à la mort, est comme le saut du coursier blanc, qui franchit un ravin d’un bord à l’autre ; l’affaire d’un instant. Comme par l’effet d’un bouillonnement, les êtres entrent dans la vie ; comme par l’effet d’un écoulement, ils rentrent dans la mort. Une transformation les a faits vivants, une transformation les fait morts.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 22…

Il est dans tous les êtres. C’est pour cela qu’on lui donne les épithètes de grand, de suprême, d’entier, d’universel, de total. Tous ces termes différents s’appliquent à une seule et même réalité, à l’unité cosmique. — Transportons nous en esprit, en dehors de cet univers des dimensions et des localisations, et il n’y aura plus lieu de vouloir situer le Principe. Transportons nous en dehors du monde de l’activité, dans le règne de l’inaction, de l’indifférence, du repos, du vague, de la simplicité, du loisir, de l’harmonie, et il n’y aura plus lieu de vouloir qualifier le Principe.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 22…

L’évolution des êtres suit une loi immanente, non formulée. Imitant ces modèles, le sur-homme, le Sage par excellence, n’intervient pas, n’agit pas, laisse tout suivre son cours. Le binôme transcendant ciel-terre préside à toutes les transformations, à la succession des morts et des vies, aux mutations de tous les êtres, sans qu’aucun de ces êtres ait une connaissance explicite de la cause première de tous ces mouvements, du Principe qui fait tout durer depuis le commencement. L’espace immense est l’entre-deux du ciel et de la terre.
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