Auteur : Joseph Bédier

Élements biographiques

Auteur : Joseph Bédier Revue des Deux Mondes

Grâce à ses belles recherches et à celles de Gaston Paris, on peut se représenter ce qu’étaient ces danses, du moins la principale l’entre elles, la carole.
La carde est une chaîne, ouverte ou fermée, de danseurs et de danseuses, qui se meuvent au son des voix ; plus rarement, au son des instrumens. La danse consiste, à l’ordinaire, en une alternance de trois pas faits en mesure vers la gauche et de mouvemens balancés sur place ; un vers ou deux remplissent le temps pendant lequel on fait les trois pas, et un refrain occupe les temps consacrés au mouvement balancé.
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Auteur : Joseph Bédier Revue des Deux Mondes

Comme ces danses n’étaient pas exécutées par des professionnels, mais, par des mondains, on ne pouvait compter qu’ils sauraient tous d’avance, et d’un bout à l’autre, les couplets de la chanson de carole ; de là ce principe très simple que le conducteur de la danse aura seul à savoir cette chanson tout entière : les autres danseurs n’auront qu’à répéter après lui un ou deux vers plus ou moins traditionnels, et qui pouvaient s’insérer comme des passe-partout en nombre de chansons.
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Auteur : Joseph Bédier Revue des Deux Mondes

Les propos que nous prêtions au « compagnon » de l’amoureux, on les attribuerait à un chœur de danseurs ; ils représenteraient la Tour, c’est-à-dire l’ensemble des forces complices qui protègent les amans. Comme en tant de jeux similaires (Le loup et la bergerie, la navette et le tisserand) , il s’agirait ici d’empêcher le traïtor de. forcer le cercle des danseurs et d’entrer dans la ronde. On peut songer à d’autres explications encore. Ceci du moins semble assuré : la chanson Gaite de la tor n’a pas été composée pour être lue et commentée par des érudits, mais pour être jouée et regardée.
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