“ On guerroyait en effet à Yarkand et à Kashgar. Ces deux villes et leurs territoires, à l’est et au nord, font partie de l’empire chinois. Leur conquête date d’environ un siècle. Les descendants des anciens maîtres de ces provinces ne se sont pas encore résignés à leur défaite. On appelle ces petits chefs turks les bara-sahibs (grands hommes ou seigneurs) du Kokand. Ils enrôlent de temps à autre des bandes d’aventuriers, excitent le fanatisme religieux des uns, la cupidité des autres, et les mènent à l’assaut de Kashgar et de Yarkand. ”
Citations de Le Tour du monde (Anonyme)
“ Il résolut malheureusement de s’avancer vers Yarkand et Kashgar. Peut-être même la guerre lui semblait-elle une occasion favorable pour pénétrer sur cette partie du territoire chinois où un étranger a presque toujours en perspective d’être sûrement reconnu, arrêté et décapité en temps de paix, à cause de la rareté des voyageurs dans ces pays peu habités. Peut-être aussi se confiait-il dans les promesses d’hospitalité et de protection que lui avait faites à Lahore un individu nommé Shâzadah, qui habitait ordinairement à Andishan, grande ville située à l’est de Kokand. ”
“ Or, dans l’été de 1857, Kashgar était au pouvoir d’un chef nommé Woulhi ou Veli, qui venait de réussir à s’emparer du trône de Kokand à la suite d’une guerre religieuse : car si ces chefs ont en haine les Chinois, ils ne se détestent pas moins les uns les autres par suite de leurs divisions en sectes irréconciliables. Veli-Khan n’était maître que de Kashgar. Une troupe chinoise, campée près de la ville, assiégeait un petit fort voisin. La garnison musulmane faisait de fréquentes sorties. Tout le pays était en armes. Ces renseignements ne découragèrent pas Adolphe Schlagintweit. ”
