Charles Fénestrier

Résumé

Charles Fénestrier Lyon en l'an 2000

Prêtres de la Loi, recevez le poète !
En robe rouge et les épaules couvertes d’hermine, des vieillards parurent sous l’inviolable portique. Ils aperçurent le peloton des policiers, toujours encadrant l’holocauste, et, plus loin, ces milliers de visages convulsés, de doigts tendus, de poings brandis qui précisaient, avec une éloquence immédiate, l’objet de cette surprenante irruption.
Les vieillards comprirent ce que le peuple attendait d’eux.
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Charles Fénestrier Lyon en l'an 2000

Rien d’humain ne semblait animer la poitrine de ces êtres : le siècle avait fait d’eux des machines. Les rouages de la société, savamment engrenés, excellaient à broyer les cœurs, car les cœurs faussent l’arithmétique et dérangent l’équilibre des ambitions. La Raison même, trop élastique, avait disparu. Le droit chemin — borné jadis par la morale — était tracé par les lois, et les lois, continuellement plus précises, plus étroites, n’épargnaient pas les mauvais citoyens.
⁂ Au reste, les mauvais citoyens étaient rares.
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Charles Fénestrier Lyon en l'an 2000

Happé par des bras vigoureux, le poète fut entraîné vers la sortie du palais.
Forvière était l’acropole de la cité. Au gré des hommes, tous les dieux avaient habité, jadis, la fameuse colline, depuis ceux de l’Olympe jusqu’à ceux du Paradis. Aujourd’hui, le sanctuaire illustre de la Vierge, désaffecté, s’appelait le Temple de la Loi.
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