Résumé

E. Quinet Un mot sur la polémique religieuse

Après cela, un seul moment de liberté, d’impartialité pour la raison humaine, et tout cet échafaudage d’orthodoxie disparaît sans retour ; il ne reste qu’une opinion monstrueuse qui, affectant tout ensemble l’autorité de l’église et celle de la science, compromet la première en parodiant la seconde. Imagine qui le voudra une géologie, une physique ou une chimie sur le fondement de la légende dorée.
Dans le fond, la vieille querelle du clergé et de l’Université n’est rien autre chose que celle qui partage l’esprit humain. Le clergé, dans cette lutte, représente la croyance
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E. Quinet Un mot sur la polémique religieuse

Pourquoi les conditions que le protestantisme a faites au catholicisme dans l’Europe du Nord, la philosophie et l’esprit d’examen ne les lui imposeraient-elles pas en France ? Il ne faut pas lui laisser perdre un moment de vue qu’il a cessé d’être une religion d’état ; qu’après avoir été rejeté de la France révolutionnaire, c’est à lui de la reconquérir, s’il le peut, par la force des doctrines, par l’autorité de la pensée, et qu’il doit mettre dans un oubli profond l’habitude de commander et de régner sans contrôle.
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E. Quinet Un mot sur la polémique religieuse

C’est même en se développant librement, chacune dans son domaine, que ces deux puissances peuvent un jour se rapprocher et s’unir, tandis qu’en prétendant soumettre l’une à l’autre par la seule autorité du plus fort ou du plus grand nombre, on ne fait rien en réalité que détruire l’une ou l’autre. Que serait aujourd’hui la science, si, dans la physique, elle n’eût osé, par l’astronomie de Galilée, contredire l’astronomie de Josué, et dans la philosophie, par le doute méthodique de Descartes, suspendre l’autorité de l’église ?
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