Résumé

Erckmann-Chatrian La Sentinelle perdue. — 1796.…

Quand je suivais mes bœufs, en sillonnant la plaine,
Par la pluie et les vents, respirant avec peine,
Et que je me disais : — Arrive la moisson ;
Pour l’avoir, il faudra payer une rançon.
Le moine et le seigneur sont maîtres de nos terres ;
Le vin, l’huile, le blé, la gerbe que tu serres,
Le sillon que ta main féconde avec amour,
L’herbe qui sur ta faux se penche tout le jour,
L’arbre, le fruit, la fleur, et toi-même et ta femme,
Le seigneur y prétend, le moine les réclame !
Toi, tu n’es rien ! Tu n’es qu’un manant, un vilain ;
Ton lot, c’est le travail, et le mépris ton gain.
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Erckmann-Chatrian La Sentinelle perdue. — 1796.…

Qu’ombrage le vieux lierre, — où s’incline peut-être
La grand’mère tremblante, appelant du regard
L’enfant qu’il faut bénir, et qui viendra trop tard !
Combien d’autres, perdus dans un rêve plus sombre,
De ces temps malheureux voyaient repasser l’ombre
Où, durant leur jeunesse, éveillés un matin,
Ils avaient entendu bourdonner le tocsin
Sur la plaine et les monts, de village en village,
Comme on entend la nuit se lever un orage !
Les Prussiens arrivaient !... On entendait des cris :
« Aux armes, citoyens, il faut sauver Paris ! »
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