Erckmann-Chatrian, La Sentinelle perdue. — 1796.…
“ Quand je suivais mes bœufs, en sillonnant la plaine, Par la pluie et les vents, respirant avec peine, Et que je me disais : — Arrive la moisson ; Pour l’avoir, il faudra payer une rançon. Le moine et le seigneur sont maîtres de nos terres ; Le vin, l’huile, le blé, la gerbe que tu serres, Le sillon que ta main féconde avec amour, L’herbe qui sur ta faux se penche tout le jour, L’arbre, le fruit, la fleur, et toi-même et ta femme, Le seigneur y prétend, le moine les réclame ! Toi, tu n’es rien ! Tu n’es qu’un manant, un vilain ; Ton lot, c’est le travail, et le mépris ton gain. ”
