Eugène-Melchior de Vogüé

Eugène-Melchior de Vogüé

Résumé

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé Sous l’horizon

Cette masse d’étudiants venus du peuple, assis ou debout sur les gradins du vaste amphithéâtre qu’ils emplissaient de groupes pittoresques, ce jeune docteur de vingt-sept ans, ardent, subtil, – tout nous reportait aux auditoires pareils du moyen âge, à ces étudiants et à ces maîtres de la rue du Fouarre qui devaient avoir même physionomie, même dialectique, mêmes passions.
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Fils de l’historien national Serge Solovief, ses origines, son éducation, ses relations habituelles le rattachaient étroitement aux cercles slavophiles de Moscou, aux traditions de la plus pure orthodoxie. Il étonna ses amis par une volte-face inattendue. Reprenant les thèses développées en 1830 dans la fameuse Lettre philosophique de Tchaadaïef, Vladimir Serguiévitch se posa en champion du cosmopolitisme intellectuel ; il déclara la guerre au particularisme slave, il prêcha la fusion avec la civilisation européenne dans tous les ordres d’idées, même sur le terrain religieux.
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Un seul peintre y eût réussi, son ami Dostoïevsky ; le romancier a créé, – peut-être à l’image de Solovief, – des êtres chimériques pour nous, très réels là-bas ; personnages électriques, abstractions vivantes, esprits presque indépendants de leurs corps. Comme eux, le philosophe vivait pendant des semaines d’un plat de concombres et de quelques verres de thé
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