Résumé

Revue bibliographique, 1857/02

Puissent les jeunes amis de la philosophie, car c’est à eux surtout que la publication de M. Foucher de Careil s’adresse, profiter du précepte en action que Leibnitz leur y donne ! Ils le verront là, comme partout, n’appeler à son aide le trésor des connaissances de ses prédécesseurs que pour l’épurer et l’augmenter. Qu’ils méditent ce grand exemple. Il y a bien longtemps déjà qu’on leur dit : « Lisez et éditez ; » il est temps qu’ils se disent à eux-mêmes que la lecture n’est pas la science, et qu’il n’y a rien de plus inédit que ce qu’ils ont dans l’esprit.
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Revue bibliographique, 1857/02

On sait ce que Leibnitz entendait par la loi de continuité. La nature, suivant lui, ne fait pas de sauts. Tous les êtres qu’elle contient ne forment entre eux qu’une seule chaîne dans laquelle les différentes classes tiennent si étroitement les unes aux autres ou sont séparées par des différences si insensibles, qu’il est impossible de fixer précisément le point où quelqu’une finit ou bien commence.
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Revue bibliographique, 1857/02

Ces faits, s’ils ne renversent pas tout à fait la célèbre théorie de la continuité, obligent d’en modifier et d’en restreindre singulièrement l’esprit et l’étendue, et il nous semble qu’un commentateur aussi distingué de Leibnitz que l’est M. Foucher de Careil aurait bien fait de ne pas les passer sous silence. Le beau mot du poète antique :
Simia quam similis turpissima bestia nobis ! demeure toujours vrai, et cette ressemblance horrible de l’homme avec la bête couvre un mystère que la métaphysique et la physiologie ne doivent pas se lasser de poursuivre, car elles l’éclairciront peut-être.
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