Résumé

Portrait de George Berkeley George Berkeley Les Principes de la connaissance humaine

De plus, l’esprit ayant reconnu que les étendues particulières perçues par les sens nous offrent quelque chose de commun et de pareil en toutes, et puis certaines autres choses spéciales, comme telle ou telle figure ou grandeur, qui les distinguent entre elles, il considère à part, il prend isolément et en soi-même ce qu’il y a de commun, et il en fait, parmi toutes les idées de l’étendue, l’idée la plus abstraite, qui n’est ni ligne, ni surface, ni solide, n’a aucune figure, ni aucune grandeur, mais est une idée entièrement détachée de toutes celles-là.
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Je désire donc que chacun y réfléchisse, et cherche s’il lui est possible, en s’y exerçant, de concevoir, par n’importe quelle abstraction de pensée, l’étendue et le mouvement d’un corps en dehors de toutes les autres qualités sensibles. Quant à moi, je vois évidemment qu’il n’est point en mon pouvoir de me former une idée d’un corps étendu et en mouvement, à moins de lui donner en même temps quelque couleur ou autre qualité sensible, de celles qui sont reconnues n’exister que dans l’esprit.
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Ainsi une idée, un objet de pensée, ne peut produire ou amener un changement dans une autre idée. Pour s’édifier pleinement sur cette vérité, il ne faut rien de plus que la simple observation de nos idées. Car, puisque toutes et toutes leurs parties sans exception existent seulement dans l’esprit, il s’ensuit qu’il n’y a rien en elles que ce qui est perçu ; or quiconque examinera attentivement ses idées, qu’elles soient des sens ou de la réflexion, n’y apercevra ni pouvoir ni activité : il n’y a donc rien de tel en elles.
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