Résumé

H. Blaze de Bury Essais et Notices. — Astorga

Je ne sache pas qu’aucun maître ait jamais rendu cette strophe, tant de fois reproduite en musique, avec plus de puissance et de vraie terreur que le doux Astorga. Vous êtes ému jusque dans les profondeurs de votre être ; vous frissonnez soudain au contact du glaive qui, sur cette place des exécutions capitales, en immolant le père fit saigner le cœur du fils, et vous vous demandez si ce n’est pas en son propre martyrologe qu’à son insu peut-être le grand artiste a puisé les sublimes accens de cette élégie.
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H. Blaze de Bury Essais et Notices. — Astorga

Chose étrange, ici encore tout est anonyme ; si vous parcourez la page servant de frontispice à cette partition, vous n’y voyez qu’une croix, une simple croix, et point de nom, comme sur ces tombes désertes dont la pierre recouvre une existence marquée du sceau de la fatalité. Ce qu’on sait désormais d’Emmanuel d’Astorga, c’est qu’il eut pour père un gentilhomme de race, décapité par la main du bourreau, qu’il fut l’ami des princes de son temps et l’amant d’une belle princesse, tour à tour poète, musicien, damoiseau, anachorète : voilà l’histoire et le roman.
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H. Blaze de Bury Essais et Notices. — Astorga

Cette expression de tendresse et de mélancolie profonde que respirent ses compositions écrites, sous le bienheureux règne du rococo, en des temps où la musique ignorait les divines langueurs du romantisme, à quelles causes l’attribuer, sinon aux événemens mêmes de son existence, aux diverses épreuves que sa destinée lui fit subir ? C’est encore et toujours l’éternelle histoire de l’âme écrasée sous le poids des réalités humaines et s’échappant du triste milieu qui l’opprime pour se réfugier dans la sphère de l’idéal, comme dans un suprême asile de liberté.
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