Résumé

Jonathan Swift  Les Voyages de Gulliver : Voyage au pays des Houyhnhnms

J’avais une horreur extrême de retourner en Europe, et d’y être obligé de vivre dans la société et sous l’empire des yahous. Dans cette heureuse solitude que je cherchais, j’espérais passer doucement le reste de mes jours enveloppé de ma philosophie, jouissant de mes pensées, n’ayant d’autre objet que le souverain bien, ni d’autre plaisir que le témoignage de ma conscience, sans être exposé à la contagion des vices énormes que les Houyhnhnms m’avaient fait apercevoir dans ma détestable espèce.
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Jonathan Swift  Les Voyages de Gulliver : Voyage au pays des Houyhnhnms

Tel était l’état de mon cerveau, que mon commerce avec les Houyhnhnms avait rempli d’idées sublimes et philosophiques. J’étais dominé par une misanthropie insurmontable ; semblable à ces sombres esprits, à ces farouches solitaires, à ces censeurs méditatifs, qui, sans avoir fréquenté les Houyhnhnms, se piquent de connaître à fond le caractère des hommes, et d’avoir un souverain mépris pour l’humanité.
Le capitaine me pressa plusieurs fois de mettre bas mes peaux de lapin, et m’offrit, de me prêter de quoi m’habiller de pied en cap
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Jonathan Swift  Les Voyages de Gulliver : Voyage au pays des Houyhnhnms

Le quatrième jour, m’étant risqué d’avancer un peu dans les terres, je découvris vingt ou trente habitans du pays sur une hauteur qui n’était pas à plus de cinq cents pas de moi. Ils étaient tout nus, hommes, femmes et enfans, et se chauffaient autour d’un grand feu. Un d’eux m’aperçut, et me fit remarquer aux autres. Alors, cinq de la troupe se détachèrent et se mirent en marche de mon côté. Aussitôt, je me mis à fuir vers le rivage, je me jetai dans mon canot, et je ramai de toute ma force.
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