Joseph Borély

Résumé

Joseph Borély Un bas-alpin nonagénaire (1870)

Si je n'ai pu assister aux obsèques de M. Edouard de Laplane, c'est que je n'ai pas été avisé à temps. Quoique j'eusse manifesté ce désir, il m'a été impossible de le satisfaire, au grand regret de mes amis de Sisteron.
Comme je tenais beaucoup au devoir que je m'étais presque imposé et qu'il ne me reste que la satisfaction intime que je puis encore me procurer, j'en use dans le recueillement du cabinet et plus volontiers qu'on a l'habitude de le faire dans le champ du repos. Les actes de respect valent mieux que les discours d'apparat ; une assistance silencieuse
impose et suffit.
Source : Gallica

Joseph Borély Un bas-alpin nonagénaire (1870)

Poussé par une infatigable curiosité, M. de Laplane avait fait pour son pays ce que font peu de compatriotes. Il a compulsé toutes les archives de la vieille cité et l'on sait avec quelle intelligence il les a résumées. Bien plus, il a sincèrement aimé ce sol natal, dont le culte s'affaiblit aussi, comme les vieux cultes qui se trouvent délaissés dans les changements nouveaux.
Mais, il est un culte qui survivra aux plus mauvais exemples qui, certes, ne doivent point être oubliés, et qu'il est, par malheur, impossible à un ancien de la justice de taire, pour en proscrire à jamais le retour.
Source : Gallica

Joseph Borély Un bas-alpin nonagénaire (1870)

Aujourd'hui, il n'est pas moins satisfaisant d'honorer la
mémoire respectée de ce Nestor de la ville natale, qui n'avait cessé d'être fidèle à sa conscience et a ses principes comme aux actes et aux œuvres de sa vie entière.
Si toute la population de la ville de Sisteron faisait aux obsèques de M. de Laplane une imposante manifestation, ici à Aix, rue Monclar, aux environs du Palais de Justice, l'ancien coutelier du faubourg du Bouen Reynaou s'éteignait sans douleur, avec calme et avec tous les soins et toutes les consolations qu'il pouvait souhaiter.
Source : Gallica

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