Mathilde Alanic

Mathilde Alanic

Résumé

Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic,  Devant la tombe

“ Il les contempla avec un attendrissement inexprimable : toutes deux, la fillette rose aux cheveux blonds, ébouriffés sous la toque d’astrakan, la femme faite, au visage grave, pâli par l’encadrement austère du voile noir, gardaient comme un reflet de la morte aimée. Elles résumaient le passé et l’avenir, le souvenir et l’espérance.
— Voyez-vous ! reprit-il soudain de cette voix basse et profonde qui semble sortir du cœur, je l’ai trop aimée... Je ne puis pas recommencer ma vie... Tout ce que je désire, c’est de vivre tranquillement de mes souvenirs, en regardant grandir ma fille.
”
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Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic,  Devant la tombe

“ Les voisines, apitoyées par ce grand malheur, secondèrent de leur mieux Mme Hubert qui, jour et nuit, veillait la mignonne. André crut devenir fou, mais, du moins, l’enfant, sauvée par miracle, lui resta.
Pendant quelque temps, il fut comme un corps sans âme : l’obligation de pourvoir aux engagements de son commerce et aux exigences de la vie quotidienne le forcèrent à sortir de son inertie. Les riches ont seuls le loisir de pleurer leurs morts, d’ériger leurs chambres mortuaires en sanctuaires.
”
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Portrait de Mathilde Alanic Mathilde Alanic,  Devant la tombe

“ Claire, orpheline, avait été recueillie par sa marraine, Mme Hubert, qui lui apprenait son métier de couturière ; André n’avait plus de mère, et son père passait son temps à l’atelier ou au cabaret, mais le petit trouvait un refuge chez la bonne voisine. Mme Hubert non plus n’était pas heureuse : son mari ne lui rapportait jamais un sou de sa paye ; elle savait éviter les scènes par son silence et garder une aisance décente, grâce à son travail sans répit. Le travail ! voilà ce qui sauve les pauvres gens, qui berce leurs chagrins et leur donne du courage ! ”
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