Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Autant en emporte le vent

« Sœur douce amie, » lui disais-tu, « douce amie,
Les étoiles peuvent s’obscurcir et les amarantes avoir été
Que ma raison ne cessera mie
De radoter de votre beauté ;
Car Cupidon ravive sa torche endormie
À vos yeux, à leur clarté,
Et votre regarder, » lui disais-tu, « est seul Mire
De mon cœur atramenté, »
C’était (tu dois bien t’en souvenir) c’était par un
soir de la mi-automne.
« Vos cheveux traînent jusqu’en bas et nimbent votre face.
Et vos sourires sont les duègnes de votre vertu ;
Ah, prenons garde que notre âme ne se fasse
Putain, Madame, » lui disais-tu.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Autant en emporte le vent

Dans la cité au bord de la mer, la cape et la dague lourdes
De pierres jaunes, et sur ton chapeau des plumes de perroquets.
Tu t’en venais, devisant telles bourdes,
Tu t’en venais entre tes deux laquais
Si bouffis et tant sots — en vérité, des happelourdes ! —
Dans la cité au bord de la mer tu t’en venais et tu vaguais
Parmi de grands vieillards qui travaillaient aux felouques,
Le long des môles et des quais.
C’était (tu dois bien t’en souvenir) , c’était aux plus
beaux jours de ton adolescence.
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