Pierre de Coubertin

Pierre de Coubertin

Résumé

Portrait de Pierre de Coubertin Pierre de Coubertin La Revue de Paris

On dirait que le sport français ressemble à certaines plantes dont les racines courent à fleur de sol sans y pénétrer et s’y ancrer solidement. Ne serait-ce pas que, depuis la guerre, il se compromet par ses fréquentations ? Au lieu de se lier davantage avec l’Esprit, il se fait de plus en plus le camarade de cette « fêtardise » vulgaire qui sévit certes un peu partout, qu’on dirait pourtant devoir faire chez nous plus de ravages qu’ailleurs.
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Dans l’antiquité, ce fut la religion, gardienne de l’Hellénisme, qui prit le sport sous son égide, le protégea et le maintint. Au moyen âge, ce fut la participation populaire qui se produisit avec une véhémence et une continuité dont nous ne nous rendions plus compte, imbus que nous avons été si longtemps du préjugé que le moyen âge fut une époque d’aristocratisme étroit et fermé.
La renaissance sportive moderne ne bénéficie pas des mêmes garanties de solidité et de durée que ses devancières, car il ne faut pas prendre pour un puissant contrefort les passagères exaltations de la mode.
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Ne tenant point compte des enseignements de l’histoire, négligeant systématiquement d’apercevoir les côtés psychiques de la question sportive, les Français se sont habitués à considérer le sport comme l’expression d’un besoin naturel à l’homme, besoin dont l’incurie ou l’inattention des générations précédentes avaient omis d’assurer la satisfaction et auquel il suffit d’avoir rendu la liberté de s’affirmer pour que la permanence en soit définitivement acquise. Rien n’est moins exact.
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