Résumé

Portrait de Émile Boutroux Émile Boutroux Bouillier (F.). — Morale et progrès

Le libre arbitre, absolument réduit à lui-même, s’anéantit dans la puissance indéterminée. D’autre part, il faut en convenir, la raison, dépouillée de toute activité créatrice, perd jusqu’à cette ombre de l’existence qui s’appelle le possible. La puissance n’acquiert une essence et ne devient libre arbitre, volonté, effort, détermination, que par des emprunts de plus en plus considérables faits à l’Intelligence ; et de même l’Idée ne devient raison, science, loi, instinct, tendance morale, qu’en recevant par degrés, de la puissance créatrice, l’existence et la vie.
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Portrait de Émile Boutroux Émile Boutroux Bouillier (F.). — Morale et progrès

Pourtant il répugne, estime M. Bouillier, que le bien ne soit pas à la portée de tous ; qu’il soit lié à des conditions qui, comme l’intelligence et l’éducation, ne dépendent pas entièrement de nous ; et qu’à travers les inégalités sans nombre que la nature a mises entre nous, il n’existe pas, comme consolation suprême pour les déshérités de ce monde, une égalité indestructible de tous les hommes devant la valeur morale. Bien plus, si la connaissance parfaite du contenu de la loi morale était la condition de la vertu, qui d’entre nous y pourrait prétendre ?
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Portrait de Émile Boutroux Émile Boutroux Bouillier (F.). — Morale et progrès

Faire du progrès la fin suprême de nos actions, ce serait subordonner la partie morale de notre être à la partie intellectuelle, se serait abdiquer l’excellence de notre nature. La seule fin véritablement bonne consiste à réaliser dans la société et en nous-mêmes les conditions les plus favorables à la grandeur morale, qui est la grandeur suprême et d’où dépend tout ce qui est digne d’estime.
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