Élie-Catherine Fréron

Résumé

Élie-Catherine Fréron L’Année littéraire, 1775

Célide ne sortoit point de son anéantissement ; cependant à la fin, les soupirs, les sanglots de son amant, les larmes dont il inondoit la main, les baisers ardens qu’il y imprimoit, l’émurent : elle ouvrit ses yeux qui s’étoient refermés ; elle retira sa main, elle regarda le Marquis. — Est-ce vous, lui dit-elle ? mes yeux ne me trompent-ils point ? avez-vous abandonné la région des morts, ou existez-vous en effet ? — Oui, aimable Célide, j’existe, je vis pour vous adorer, lui répondit-il en redoublant ses pleurs : Puis-je le croire, reprit-elle
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Élie-Catherine Fréron L’Année littéraire, 1775

Le Chevalier de Murville connoissoit le penchant de sa femme pour Rozane, mais s’embarrassoit fort peu de ses sentimens ; il n’exigeoit d’elle que de la décence : il avoit ses intrigues à part. Cette indifférence pique l’amour-propre de Madame de Murville ; elle a recours à Rozane qui devient son amant favorisé. Quoiqu’elle n’aimât pas son mari, elle avoit une sorte de dépit contre une Madame d’Archènes qui étoit sa maîtresse. Elle forme le projet de la traverser, de l’inquiéter, de l’humilier même. Elle se déguise d’une manière bizarre pour aller au bal de l’Opéra.
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Élie-Catherine Fréron L’Année littéraire, 1775

Chère amie, disoit Célide, il n’en est plus pour moi ! Je me croyois plus de ermeté, mais je ne puis résister au coup qui m’a frappée ; j’aurois supporté la perte du Marquis, si je n’avois pas à me reprocher d’y avoir contribué, quoique ce soit involontairement ; toutes les fois que cette idée s’empare de mon esprit, je ne peux contenir mon désespoir. La fin de ma vie, qui approche, peut seule en ralentir le cours : mais, que dis-je ? de tous côtés, quels mêlanges d’horreurs !... Il faut ou survivre à mon amant, ou me séparer de mon père !
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