Résumé

E. Caro Deux types de femmes de l’autre siècle - Mme Du Deffand - Mme Roland

Cette loi violée nous explique tout ce qu’il y eut de lacunes et de vide dans l’existence de Mme Du Deffand. Au vrai, elle ne vécut que pour elle-même, ne cherchant son triste bonheur que dans les jouissances exagérées de l’esprit. À cette passion exclusive, elle n’en ajouta pas une autre qui pût en agrandir ou en varier le cours. Elle est le témoignage éclatant que l’esprit qui ne se nourrit que de lui-même est condamné à périr d’inanition.
L’amitié, on peut estimer ce qu’elle en pensait, si l’on se souvient du jugement qu’elle porte sur ses amis.
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E. Caro Deux types de femmes de l’autre siècle - Mme Du Deffand - Mme Roland

On ne connaîtrait pourtant que la moitié de Mme Roland, si l’on ne disait rien de cette passion si fière et si chaste qui remplit les derniers jours de sa vie. Jamais le cœur d’une femme n’a été plus complètement révélé ; jamais l’amour n’eut de plus vifs et de plus tendres accens dans une âme vraiment haute, et qui se sent plus libre de l’exprimer, parce qu’elle est protégée contre elle-même par les murs d’une prison et par la pensée d’une mort prochaine.
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E. Caro Deux types de femmes de l’autre siècle - Mme Du Deffand - Mme Roland

C’est la loi : on n’échappe au sentiment du néant humain que par les nobles affections qui étendent ou multiplient notre être en y associant quelque autre, soit par ce large et puissant amour de l’humanité qui nous tire hors de nous-mêmes, soit par les enthousiasmes de la science ou par les certitudes enchantées de la foi. Cela seul donne du prix à notre vie qui la ravit à elle-même par la grandeur de l’idée ou du sentiment. Le moi ne peut jouir légitimement de son être qu’à la condition de le transformer dans quelque chose de plus grand que lui.
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