Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Lettres d’un philosophe et d’une femme sensible…

Le bonheur dont je jouis vous console, dites-vous, de notre séparation, mais il ne faut pas plus tromper ses amis sur son bonheur que sur sa santé, et je dois vous dire que je suis loin d’être heureux. Je n’ai point à me plaindre de Mme de Meulan, elle me donne tout ce qui dépend d’elle, mais l’amitié est un sentiment qu’on ne commande point, que les égards les plus touchans ne peuvent imiter longtemps, et je me vois à la fin forcé de m’avouer que ce sentiment, dont je m’étais flatté, n’existe point pour moi dans son âme.
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Portrait de René Doumic René Doumic Lettres d’un philosophe et d’une femme sensible…

« Au sein des principes exagérés, on jouit d’un profond repos ; avec un seul, la liberté parfaite, on gouverne le monde sans la moindre peine ; on dit à l’intérêt personnel et à l’ignorance : « Je me lie à vous, » et ils entraînent ; s’ils heurtent, s’ils fracassent dans leur route, on ne s’en met point en peine ; on demande un ou deux siècles pour en voir l’effet ; si la société bouleversée se refuse à cette expérience, on l’accuse d’impatience ; elle seule devient coupable et le principe garde encore sa gloire ou ses prétentions. » Condorcet était, ou se crut, visé.
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Portrait de René Doumic René Doumic Lettres d’un philosophe et d’une femme sensible…

Il y a un homme dans le monde dont je n’avais nulle opinion pour la manière d’aimer, mais qui, depuis qu’il m’a baisé la main, tient un rang distingué dans mon estime. L’abbé Arnaud, qui a plutôt des momens de fougue que de tendresse douce, ne prend la main d’une femme que pour la fouler, lui donner des crampes et la mordre. Il me joue sans cesse de ces tours-là et me fait jeter les hauts cris. Rien ne m’effraie plus que cette manière d’aimer. Je ne crois plus avoir un homme auprès de moi, mais un satyre.
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