Résumé

Mme L. Colet Madame du Châtelet, correspondance inédite

La femme ramasse alors pour ainsi dire tous ses trésors de sentiment et les prodigue à l’homme qu’elle aime, et pour qui tant d’amour ne compose souvent qu’une distraction passagère.
Depuis long-temps Mme du Châtelet n’avait plus d’amour pour Voltaire. Nous avons vu après quelles altérations successives ce sentiment s’était détruit, ou plutôt transformé en amitié. Le vide s’était fait lentement dans son cœur ; quand Saint-Lambert se montra, la place était libre. L’amour-propre de Voltaire fut blessé à la découverte de cette passion nouvelle, mais son cœur ne fut pas atteint.
Source : Wikisource

Mme L. Colet Madame du Châtelet, correspondance inédite

Les femmes sont un peu traitées par les historiens et par les moralistes comme on traite les nations vaincues, c’est-à-dire que leur personnalité s’efface, disparaît, ou tout au moins se confond dans celle de l’homme qui les a dominées. Ce qu’elles eurent d’originalité, de grandeur, et quelquefois de génie, ne leur est reconnu que comme un reflet de l’esprit de l’homme célèbre qu’elles ont aimé.
C’eût été pourtant, même sans le prestige de la renommée de Voltaire, une femme vraiment supérieure par le cœur et par l’esprit, qu’Émilie-Gabrielle, marquise du Châtelet.
Source : Wikisource

Mme L. Colet Madame du Châtelet, correspondance inédite

Une première passion emporte tellement hors de soi une ame de cette trempe, qu’elle est inaccessible à toute réflexion et à toute idée modérée ; elle peut sans doute se préparer de grands chagrins, mais le plus grand inconvénient attaché à cette sensibilité emportée, c’est qu’il est impossible que quelqu’un qui aime à cet excès soit aimé, et qu’il n’y a presque point d’hommes dont le goût ne diminue par la connaissance d’une telle passion. Cela doit sans doute paraître bien étrange à qui ne connaît pas encore assez le cœur humain
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature