Résumé

Gaston Maugras La Cour de Lunéville au XVIIIe siècle

Mauvais poète et plus mauvais amant,
On le renvoie, à tout moment,
Et du Pinde à Cythère, et de Cythère au Pinde.
Ma muse ne sait plus à quel saint se vouer;
Mais mon esprit fût-il au diable,
Qu'y perdez-vous, marquise aimable?
C'est à mon cœur à vous louer.
Mais, hélas! le bonheur durable n'est pas de ce monde, et le pauvre amoureux allait en faire la triste expérience.
Si Panpan n'avait éprouvé que des déboires poétiques, il aurait pu s'en consoler aisément; mais il lui en arrive de bien plus pénibles encore.
Source : Gutenberg

Gaston Maugras La Cour de Lunéville au XVIIIe siècle

Mme du Châtelet et Saint-Lambert, malgré quelques récriminations, sont dans une phase de passion exaltée et dithyrambique, qui leur inspire quelquefois des phrases charmantes. La marquise profite de ses loisirs forcés pour écrire à son ami des lettres de douze et de seize pages.
«M'aimez-vous avec cette ardeur, cette chaleur, cet emportement qui font le charme de ma vie? Il y a bien loin d'ici à lundi, mais aussi lundi je serai bien heureuse. Je vous adore et je sens que je ne puis vivre sans vous... je n'ai aucun esprit, car je me meurs de sommeil, mais mon cœur n'est jamais endormi.»
Source : Gutenberg

Gaston Maugras La Cour de Lunéville au XVIIIe siècle

«Ma chère maîtresse.» Cette petite tendresse comble de joie la marquise qui oublie tout et écrit dans son ravissement:
«Je ne veux rien vous reprocher aujourd'hui, je ne veux que vous adorer et vous remercier de m'avoir rendu la vie: en vérité, je vous aurais fait pitié si vous aviez vu l'état où j'étais, et cet état dure depuis que je vous sais à Lunéville...
«L'amour veut que je sois heureuse puisqu'il m'a fait rencontrer un cœur comme le vôtre, mais je voudrais que vous eussiez pu être témoin de ce qui s'est passé dans mon cœur quand j'ai lu écrit dans votre lettre: «Ma chère maîtresse.»
Source : Gutenberg

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