Auteur : Marquis de Ségur

Résumé

Auteur : Marquis de Ségur Revue des Deux Mondes

« Oui, monsieur, lui écrit Julie, après un manquement de ce genre [11] , j’ai été toute des premières à connaître votre mérite ; j’en fais vanité, et j’ai désiré sincèrement d’être votre amie. Je m’étais flattée d’y avoir réussi ; et c’est avec beaucoup de chagrin que je me suis aperçue que je m’étais trompée... J’ignore si l’usage autorise ou tolère les liaisons de nos amis avec nos ennemis ; je ne sais que ce que dicte l’amitié, et je serais fâchée d’en savoir davantage. »
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Auteur : Marquis de Ségur Revue des Deux Mondes

Mon avis, écrit d’Alembert, sur le parti que nous devons prendre, c’est de ne rien publier du tout contre Rousseau et d’attendre qu’il vous attaque... Il suffit qu’il soit déclaré unanimement fou et digne d’être mis à Bedlam pour que nous n’ayons rien à en craindre. Tout ce qu’il veut, c’est de faire parler de lui, à quelque prix que ce soit ; le plus mauvais tour qu’on puisse lui jouer, c’est d’empêcher le plus possible qu’on en parle. C’est l’avis de Mlle de Lespinasse et de toutes les personnes à qui j’ai pu en parler.
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Auteur : Marquis de Ségur Revue des Deux Mondes

Cette similitude de natures contribue sans nul doute à leur intimité ; mais ce qui, chez Shelburne, intéresse davantage encore Julie de Lespinasse, ce sont ses vertus d’homme d’Etat. Ce qu’elle admire et ce qu’elle étudie en lui avec une curiosité passionnée, c’est le ministre d’hier et de demain, c’est le leader d’un grand parti sous un régime de liberté, c’est le politique généreux qui a souci du bien public plus que de ses propres plaisirs et de sa fortune personnelle.
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