Marquis de Ségur

Résumé

Marquis de Ségur Revue des Deux Mondes

Non cet ennui léger, vulgaire et facile à combattre, qui provient du désœuvrement, de l’inactivité, volontaire ou forcée, du corps ou de l’esprit, mais cet ennui profond causé par le désert du cœur, par l’amertume, le goût de cendre que laissent après eux les plaisirs, par le désenchantement d’une existence sans idéal, sans croyance et sans dévouement ; l’ennui qui fait, non pas qu’on murmure ou qu’on bâille, mais qu’on pleure et qu’on désespère, et qu’on en arrive à penser, comme Mme du Deffand, qu’il n’y a dans la vie qu’un seul vrai malheur, qui est « d’être né. »
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Je ne veux pas appuyer davantage sur ce point délicat, qu’il était néanmoins nécessaire d’indiquer, car il n’est pas sans importance dans l’historique des relations de d’Alembert avec Julie de Lespinasse. Quoi qu’il en soit, — et qu’elles fussent ou non méritoires, — la retenue du philosophe, la pureté de ses mœurs, s’alliaient avec une âme sensible et avide de tendresse. Ce cœur, qu’on disait égoïste et sec, souffrait de ne se point répandre. Sous un masque d’indifférence, se dérobaient un impérieux besoin d’aimer, une douloureuse aspiration vers les paradis inconnus.
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Vous trouverez en lui un esprit, un cœur selon le vôtre, juste, net, sensible, éclairé et cultivé, sans pédanterie et sans sécheresse. M. le duc de Villa-Hermosa, qui voyage avec le marquis de Mora, désire et mérite de partager avec lui la satisfaction de vous voir. Je vous l’ai dit, mon cher maître, vous me remercierez d’avoir connu ces deux étrangers, vous féliciterez l’Espagne de les posséder, et vous nous souhaiterez des grands seigneurs semblables à ceux-là, au lieu de nos conseillers de Cour, imbéciles et barbares, de nos danseuses et de notre Opéra-Comique...
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