Résumé

M. Guizot La Comtesse de Boigne

Et pourtant, si la maréchale d’Aubemer sort de ce monde superficiel, factice et brillant, elle le regrettera : grâce à son bon sens, à sa liberté et à sa fermeté d’esprit, elle s’adaptera très convenablement au monde nouveau, plus naturel et plus fort, où la jetteront les événemens. Elle en tirera habilement parti pour la sûreté et l’agrément de sa vie ; mais elle ne s’y assimilera point, elle n’adoptera pas effectivement les idées, les sentimens, les instincts, les goûts, les espérances et les confiances de la société nouvelle qui se développe et s’étend partout autour d’elle.
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M. Guizot La Comtesse de Boigne

Mme de Boigne avait raison. Je n’étais jamais entré avec elle dans ces relations intimes qui amènent les confidences mutuelles, et mettent les personnes au courant les unes des autres ; je ne connaissais d’elle que les agrémens de son esprit et de sa société. La politique avait en effet tenu dans sa vie et pris dans son âme plus de place qu’elle n’en laissait paraître. Née à Paris en 1780, sous l’ancien régime à la fois chancelant et très animé, elle avait été élevée non-seulement dans la région de la cour, mais sous le patronage et presque dans l’intérieur de la famille royale
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M. Guizot La Comtesse de Boigne

« Aussitôt que les convenances le permirent, elle épousa le duc d’Aubemer. Cette union, fondée sur l’affection, la confiance et l’estime réciproques, aurait été parfaitement heureuse, si la privation d’enfans n’y avait apporté quelque regret ; elle durait depuis dix ans lorsqu’une fluxion de poitrine, gagnée en commandant une manœuvre, emporta le duc, devenu maréchal d’Aubemer. Longtemps la maréchale fut abîmée dans ses regrets ; le temps ayant émoussé sa douleur, elle reprit dans la société du grand monde la place brillante qu’elle y occupait avec un si profond ennui. »
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