Jules Sand

Élements biographiques

Portrait de Jules Sand Jules Sand,  La Revue de Paris

“ L’ouverture de Romeo et Giuletta finie, le rideau se leva lentement ; l’orchestre se tut, et tel fut le religieux silence qui régnait dans la salle qu’on put entendre frémir long-temps les derniers accords, s’élevant légers comme un nuage, planant sur la foule immobile, et se brisant sur la voûte, comme les ondulations de l’eau agitée contre la pierre du bassin qui l’enferme. Lorsque Gina parut, tous les fronts se découvrirent, et d’un mouvement spontané la foule se leva comme un seul homme. Pas un cri, pas un murmure : elle était muette. Il n’y eut alors ni joie ni enthousiasme ”
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Portrait de Jules Sand Jules Sand,  La Revue de Paris

“ Elle était si belle autrefois, jeune fille chantant chaque soir sur le théâtre de Vérone, puisant le bonheur et la vie dans les applaudissemens d’un public qu’elle enivrait de sa voix magique, et qui l’épuisait à son tour des transports de son enthousiasme ; jeune fille si belle à voir et si ravissante à entendre qu’on ne pouvait la voir et l’entendre à la fois. Oh ! si vous l’aviez vue paraître, froide d’abord et belle comme une statue antique, absorbant dans son regard toute une foule muette et pâlissante ! ”
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Portrait de Jules Sand Jules Sand,  La Revue de Paris

“ Pauvre Gina ! la plante qui croît sur la montagne périt à l’ombre des vallons. Son mariage fut splendide et triste. On enviait le bonheur de Gina, elle s’y laissa traîner en tremblant. Dès le premier jour elle se sentit à l’étroit dans cette destinée nouvelle. Adieu cette vie d’artiste, si pleine et si brûlante ; adieu les agitations du théâtre, les enivremens de la gloire ! Vint le positif de la vie, froid et sec comme le cœur du riche ; celui de Gina s’y brisa. ”
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