Les Mille et Une Nuits

Élements biographiques

Les Mille et Une Nuits

« Ma fille, dit le sultan, je ne vous croyois pas si habile. » « Sire, répondit la princesse, ce sont des choses curieuses qu’il est bon de savoir ; mais il m’a semblé que je ne devois pas m’en vanter. » « Puisque cela est. Ainsi, reprit le sultan, vous pourrez donc dissiper l’enchantement du prince ? » « Oui, sire, repartit la princesse, je puis lui rendre sa première forme. » « Rendez-la-lui donc, interrompit le sultan, vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir, car je veux qu’il soit mon grand visir, et qu’il vous épouse. »
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Les Mille et Une Nuits

Sire, reprit le prince Ahmed, je laisse à considérer à votre Majesté si après avoir perdu la princesse Nourounnihar, qui avoit été l’unique objet de mes souhaits, je pouvois me résoudre à être témoin du bonheur du prince Ali. Si j’eusse été capable d’une indignité de cette nature, qu’eût-on pensé de mon amour à la cour et à la ville, et qu’en eût pensé votre Majesté elle-même ? L’amour est une passion qu’on n’abandonne pas quand on le veut : elle domine, elle maîtrise, et ne donne pas le temps à un véritable amant de faire usage de sa raison.
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Les Mille et Une Nuits

Mon prince, reprit la fée, ne vous alarmez pas : il y avoit du risque à courir pour apporter de l’eau de la fontaine des Lions au sultan votre père, il n’y en a aucun pour trouver l’homme qu’il demande. Cet homme est mon frère. Schaïbar, lequel, bien loin de me ressembler, quoique nous soyons enfans du même père, est d’un naturel si violent, que rien n’est capable de l’empêcher de donner des marques sanglantes de son ressentiment, pour peu qu’on lui déplaise ou qu’on l’offense. D’ailleurs, il est le meilleur du monde, et il est toujours prêt à obliger en tout ce que l’on souhaite.
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