Albert van de Kerckhove

Résumé

Albert van de Kerckhove Revue des Deux Mondes

Rien, toujours rien ! Tantôt, c’est un Boche fureteur qui passe à travers un lattis. Tantôt, c’est une compagnie qui se repose, sans s’en douter, à côté des cachettes, et quand les matins découvrent, dans un coin du grenier, une valise oubliée pleine de Libre Belgique, ils ont le triomphe court devant l’aplomb d’un jésuite qui leur répond : « Ça, c’est vous qui l’avez apporté ! »
Il faut dire un mot de ceux qu’on traqua comme des fauves et qu’un hasard jeta dans le bras des hommes de la Kommandantur.
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Albert van de Kerckhove Revue des Deux Mondes

Pas un atome de picrate de potasse ne se cachait sous cette prose paisible, qui déclarait, — le mot y est, — que le nouveau journal n’aurait rien d’agressif. Si la Libre Belgique ne fut pas méchante au début, elle gagna par la suite un détestable caractère ; l’huile d’amandes douces se mua en vitriol, à la grande colère des Boches de tout poil.
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Tout le monde voulait avoir, voir tout au moins et lire l’endiablée Libre Belgique. On copiait les articles qui plaisaient davantage ; on en tirait de nouvelles copies pour la propagande. Des jeunes filles déclamaient avec âme, dans les réunions de famille, portes bien closes, les passages les plus violents, les plus émouvants.
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